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EUROPE : STOP OU ENCORE ?
Alain ARNAUD mai 2019
Dans le contexte mondial que nous connaissons, les élections européennes revêtent cette année, et plus que jamais, une importance considérable. Certes, selon les sondages les plus récents, l’Europe ne fait plus rêver, tant il est vrai qu’elle n’a pas aidé les Etats fondateurs à endiguer la montée des inégalités et à donner des perspectives d’avenir positives dans un monde en grand changement. Elle est même perçue par les populations comme un monstre de technocratie accusé d’être à l’origine de toutes les difficultés qu’elles rencontrent dans la vie de tous les jours. Ainsi une grave crise de confiance s’est instaurée au fil du temps entre les citoyens et les institutions européennes, crise qui fait écho à celle qui touche les institutions et les systèmes politiques nationaux. Ces institutions, qu’elles soient nationales ou supranationales, ont en effet montré leur faible capacité à réduire les inégalités, la pauvreté, et à endiguer le chômage, la perte de pouvoir d’achat des classes moyennes, les risques écologiques et sanitaires, mais aussi les risques géopolitiques liés à l’instabilité du monde. Une grande partie de nos concitoyens se laisse ainsi séduire par des appels au repli sur soi, au nationalisme, au rejet de l’autre, aux luttes anti-système. Tout ceci ne conduit pas à un optimisme démesuré pour une relance de la belle idée européenne, sur fond de Brexit qui dans tous les cas de figure a déjà affaibli l’Union. Pour autant, à défaut d’un idéalisme du premier jour, le réalisme commande de conférer à l’Union européenne un nouvel élan pour qu’elle puisse rebondir et constituer une force en capacité de résister à une réorganisation du monde autour des Etats-Unis, de la Chine et de la Russie. Pour lui donner une chance de relance, il est nécessaire de reposer les fondements d’une Europe qui soit universelle tout en respectant les histoires et les cultures, qui fasse le poids face aux autres blocs et aux géants économiques mondiaux, qui anticipe la montée en puissance de l’intelligence artificielle et ses conséquences sur l’organisation du travail et de la société, qui crée les conditions d’un meilleur partage de la création de valeur et d’une protection de haut niveau pour l’ensemble des populations, sans dumping fiscal ni social. Mais cela n’est possible que si chaque individu se réapproprie la politique, au sens noble du terme, et s’implique dans la vie collective, comme contributeur à l’intérêt général, et pas seulement comme consommateur comme l’y incitent les grands groupes mondiaux, supranationaux. Cela ne sera possible également que si l’on ouvre les yeux sur la réalité d’un système économique mondial qui certes crée des progrès fabuleux, mais concentre les richesses sur une infime partie de la population, en creusant toujours plus les inégalités. Nous réaffirmons que l’économie sociale et solidaire, conjuguée avec l’économie publique d’intérêt collectif, doit devenir la norme pour satisfaire les besoins essentiels des populations. L’heure n’est donc plus au repli sur soi et au laisser-faire ni au rejet des institutions, mais à la réappropriation de ces dernières par les populations. Il y va de l’avenir des systèmes démocratiques qui ont fait la grandeur de nos vieilles sociétés, il y va de la conception que nous pouvons avoir de la dignité humaine et des valeurs de solidarité et de responsabilité qui l’accompagnent, et plus aujourd’hui qu’hier il y va de la paix. C’était l’objectif des pères fondateurs de l’Union européenne, cela doit le redevenir.
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