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Quel monde demain ?
Edito d'Alain ARNAUD, Janvier 2018

« Le passé est soldé, le présent nous échappe, songez à l'avenir »
 
Voilà une célèbre citation du duc de Lévis, maréchal de France du 18ème siècle, dont on ne peut nier le réalisme. Elle pourrait tout-à-fait caractériser le nouveau contexte politique dans lequel nous vivons en France depuis les dernières échéances électorales de l'année 2017. On nous dit en effet que nous serions passés d'un « ancien monde » à un « nouveau monde », sous l'effet d'une globalisation économique planétaire qui nous obligerait à la compétition et à la fuite en avant, sous peine d'être, dans un premier temps disqualifiés, et par la suite anéantis. Bien entendu il n'est pas question de nier le fait que nos sociétés se transforment avec une rapidité comme jamais, et qu'elles vont encore se transformer à la vitesse de la montée en puissance de l'intelligence artificielle, sous l'effet d'une accélération technologique qui modifie profondément les relations entre les individus, et entre les individus et les institutions. Pour autant, faut-il oublier le passé, et faire fi des réalités quotidiennes, alors que de nouveaux ordres mondiaux se profilent avec des approches et des conséquences bien différentes en réponse aux problèmes majeurs hérités du 20ème siècle que sont la pauvreté, la détérioration de l'environnement, le recul de l'emploi et l'affaiblissement de la démocratie politique et économique ? On pourrait espérer que les progrès faramineux auxquels nous assistons apportent des solutions à tous ces maux qui étaient déjà ceux de « l'ancien monde », mais il est permis d'en douter si l'on ne change pas de paradigme économique, si l'on ne rompt pas avec le modèle d'une économie financiarisée et trop souvent spéculative, si l'on ne veut pas voir que tous les ingrédients des plus graves crises sont à nos portes.
 
C'est pourquoi l'espoir réside dans la capacité à se faire entendre et à agir des promoteurs de modèles économiques tournés vers l'intérêt général et la satisfaction des besoins des individus, qu'ils relèvent de la sphère publique ou de l'économie sociale et solidaire. Ceux-là doivent servir de moteurs pour un nouveau développement économique, socialement responsable et durable, et pour apporter des réponses satisfaisantes aux défis mondiaux qui sont face à nous, notamment sociaux et environnementaux.
 
Au nom de la vocation historique du CIRIEC de promouvoir les systèmes qui servent avant tout l'intérêt des populations, je formule trois vœux :
 
- Celui d'une éclatante démonstration par les organisations de l'ESS et les entreprises publiques qu'elles peuvent contribuer utilement à l'efficience économique et sociale ;
 
- Celui d'une meilleure reconnaissance de l'ESS par les politiques publiques comme modèle économique à part entière, pour que la société et ses acteurs s'approprient les principes et les valeurs de cette façon d'entreprendre autrement dans la cité ;
 
- Celui d'une prise de conscience collective que la mutualisation vaut mieux que l'individualisation, pour plus de partage et moins d'inégalités.

Alain ARNAUD 
 
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